AGENDA

Janvier 2017.

Janvier 2017. Le livre La Politique expliquée aux enfants (et aux autres) illustré par Plantu, était devenu introuvable. En cette année 2017 très politique, Denis Langlois a décidé de le remettre à jour et de l’offrir gratuitement aux lecteurs. On pourra trouver le texte en intégralité et les illustrations sur le site "la-politique-expliquée-aux-enfants.fr"

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Depuis le 20 février 2017, il est également possible de se procurer le livre-papier correspondant. Un libraire-éditeur militant, SCUP, a pris l’initiative de proposer le livre à un prix modique (7 Euros pour 140 pages). Ceux qui sont intéressés peuvent s’adresser à leur libraire ou bien commander directement le livre aux éditions SCUP sur le site la-politique-expliquee-aux-enfants.fr/livre papier. (Le paiement est sécurisé.) Ils recevront très rapidement leur exemplaire.

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Précédent livre publié : "Pour en finir avec l’affaire Seznec" (éditions de La Différence), février 2015.

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Un Site spécialement consacré au livre a été ouvert : pour-en-finir-avec-l-affaire-seznec.fr.

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- Précédent ouvrage :, "LA MAISON DE MARIE BELLAND", roman publié par les éditions de la Différence.

Précisions en cliquant Ici.

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AFFAIRE SEZNEC.

1er avril 2013. Denis Langlois, qui fut pendant 14 ans l’avocat de la famille Seznec, met à la disposition des internautes une partie de ses archives personnelles.

Cliquez Ici.

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ARCHIVES MILITANTES.

Nouvelles rubriques sur le site :

*La Ligue des droits de l’homme (1967-1971).

*La Fédération internationale des droits de l’homme (1968-1970).

*Les luttes militantes pour l’autodétermination du Pays Basque (1984-1997).

*La guerre dans l’ex-Yougoslavie (1991-1994).

La politique expliquée aux enfants (et aux autres)

illustrations de Plantu

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JANVIER 2017 .

Le livre La Politique expliquée aux enfants (et aux autres) illustré par Plantu, était devenu introuvable. En cette année 2017 très politique, Denis Langlois a décidé de le remettre à jour et de l’offrir gratuitement aux lecteurs. On pourra trouver le texte en intégralité et les illustrations sur le site La politique expliquée aux enfants .

Depuis le 20 février 2017, il est également possible de se procurer le livre-papier correspondant. Un libraire-éditeur militant, SCUP, a pris l’initiative de proposer le livre à un prix modique (7 Euros pour 144 pages). Ceux qui sont intéressés peuvent s’adresser à leur libraire ou bien commander directement le livre à SCUP sur le site la-politique-expliquee-aux-enfants.fr/livre papier. (Le paiement est sécurisé.) Ils recevront très rapidement leur exemplaire.

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Histoire du livre :

La première édition de ce livre paraît en novembre 1983 chez un petit éditeur associatif, "Les Lettres Libres" créées par Serge Livrozet. Le dessinateur Plantu a accepté de l’illustrer gratuitement.

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Dessin de Plantu.

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C’est une réussite. Trois tirages successifs. Près de 10.000 exemplaires vendus, et surtout de très nombreuses réactions d’enfants et de parents, des invitations dans les écoles et les collèges, des débats.

Cela amène "Les Lettres Libres" à diffuser en février 1985 un communiqué faisant le point sur ces expériences pédagogiques.

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Articles divers parus à la sortie du livre (1983-1984)

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"La Tribune de Genève", 19 novembre 1983, article de Louis-Albert Zbinden.

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"Le Monde Libertaire", 15 décembre 1983, article de Jocelyne Pieters.

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"Lutte ouvrière", 24 décembre 1983.

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"Après-demain" (Ligue des droits de l’homme), janvier 1984, article de Jacqueline Segal.

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"La Nouvelle République", 19 janvier 1984, article de Philippe Delalande.

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Conférence-débat, Le Mans, 22 mai 1984.

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"Le Monde diplomatique", juin 1984, article de Maurice T. Maschino.

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Conférence-débat, Les Geneveys (Suisse), 22 juin 1984.

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"La Cité" (Belgique), 4 août 1984, interview de Gabrielle Lefèvre.

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"L’Arche", octobre 1984.

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"Libre Belgique", 29 octobre 1984.

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En raison de difficultés judiciaires et financières, les "Lettres Libres" sont contraintes de cesser leur activité. Les Editions ouvrières, qui ont précédemment publié "L’Injustice racontée aux enfants" de Denis Langlois, reprennent en 1990 "La Politique expliquée aux enfants". L’auteur, qui a constaté que le livre intéresse aussi les adultes, demande qu’on ajoute dans le titre "et aux autres". Le texte est largement remanié et actualisé.

Couverture de "La Politique expliquée aux enfants et aux autres", mai 1990.

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Nouveau succès. Les tirages se succèdent. En annexe sont publiés des extraits de la Convention internationale des droits de l’enfant.

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"Le Monde", article de André Laurens, 29 juillet 1990.

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"La Croix", article de Muriel Jaouen, 11 août 1990.

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"La Voix du Nord", article de René Rodrigo, 20 septembre 1990.

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"Le Monde de l’Éducation", article de Catherine Ségeais, septembre 1990.

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"La Raison", article de Henri Lecoultre, septembre 1990.

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"Alternative libertaire" (Belgique), article de Thierry Maricourt, octobre 1990.

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"Cahiers pédagogiques", article de Jacques George, novembre 1990.

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"L’Ecole émancipée", entretien avec Philippe Geneste, juin-juillet 1996.

Edition 2002 de "La Politique expliquée aux enfants et aux autres" par l’Atelier qui a succédé aux Editions ouvrières.

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Article de Robert Roussillon dans "Lire au lycée professionnel" (septembre 2003) :

Le titre évoque ceux du Seuil, mais cette collection s’adresse à un lectorat plus âgé. Les dessins de Plantu en sont l’indice. Avocat de métier, l’auteur instaure d’emblée une relation de confiance en tutoyant le lecteur. Après une brève introduction, Denis Langlois aborde différents thèmes : le pouvoir, les opinions politiques et les partis ou encore l’ordre et la police, en un véritable plaidoyer en faveur des droits et devoirs civiques de chacun. Il étaye sa réflexion à l’aide d’exemples concrets tirés de la vie quotidienne. Les mots utilisés sont simples, les formules sont imagées. Ce sont autant de façons d’interpeller le lecteur adolescent pour le faire entrer dans une réflexion qu’il refuse parfois soit par désintérêt, soit parce qu’il trouve cela trop compliqué. Il pourra piocher ici et là ce qui l’intéresse.

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Blog du journal Libération "S’il n’y avait que les élèves", 20 avril 2007, Éducation civique, article de Guillaume suivi de 24 commentaires :

On vote dimanche.
Je suis à la bourre pour la correction du brevet blanc sur lequel les élèves de troisième ont bossé avant les vacances.
Aucun rapport ?
A vous de juger.
Voici le sujet d’éducation civique :

Sujet : Le vote, une condition de la démocratie.
A) QUESTIONS (4 points)

Document 1
 : Extrait de la constitution de 1958
Titre premier : De la souveraineté
Article 3 : « La souveraineté appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.
Le suffrage peut être direct ou indirect dans les conditions prévues par la Constitution. Il est toujours universel, égal et secret.
Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques. »

Document 2 : Affiche publiée par le CIDEM en 2002 (La carte électorale. C’est encore la meilleure carte quand on a des vœux à exprimer.)
Document 3 :
« Il y a de gens qui disent :« Moi, je n’ai pas d’opinions. Je ne fais pas de politique. » C’est une erreur ou une hypocrisie.Tout le monde a des opinions politiques. Toi comme les autres. Dire que le prix de la viande augmente trop vite, c’est faire de la politique. Dire qu’il y a trop de voitures dans les rues et qu’il vaudrait mieux les remplacer par des cars ou des autobus, c’est faire de la politique. Dire qu’on a tort de supprimer les écoles de campagne et d’envoyer les élèves dans des écoles trop importantes où ils ne sont que des numéros, c’est faire de la politique. La politique c’est simplement ta vie et celle des autres. La façon dont les gens s’organisent pour vivre ensemble. Affirmer « Moi, je ne fais pas de politique », c’est comme dire « Moi, je ne respire pas » ».
Extrait de La politique expliquée aux enfants par Denis Langlois, Edition de l’Atelier, 2002
1) (doc.1) : Quelles sont les conditions requises pour être électeur ou électrice en France ? (1 point)
2) (doc.2) : A qui s’adresse cette affiche ? Quels sont les deux objectifs ? (2 points)
3) (doc.3) : Qu’est-ce que « faire de la politique » pour l’auteur de ce document ? Relevez une phrase du texte qui donne une définition simple de la politique. (1 point)
B) SYNTHÈSE ARGUMENTÉE (8 points) :
A l’aide des documents et de vos connaissances, rédigez une synthèse d’une quinzaine de lignes dans laquelle vous montrerez que voter est non seulement un droit mais aussi un des premiers devoirs du citoyen attaché à la démocratie.
Neutre et républicain. Non ?
Guillaume

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Blog de Valérie, ingénieure et mère de famille (année 2011) :

La politique est un jeu d’enfants

- Alors, il y a les partis de gauche et ceux de droite. Comment t’expliquer ?
Christian propose l’image de la rivière. Pour traverser une rivière, la gauche propose de donner à tout le monde une bouée, la droite propose de leur distribuer des palmes. Je parle d’égalité et de compétition. Puis j’ai un flash ! Il est impossible que je l’aie jeté ce bouquin, je l’avais adoré quand j’avais 10 ans. Et en effet. "La politique expliquée aux enfants" de Denis Langlois est là. Trop de texte pour Adèle, sept ans. Mais un certain plaisir à se lire ensemble les définition de la gauche, la droite, le centre, les extrémistes. Le mien date de 1983. Mais visiblement il a été réédité en 1996 et en 2002. Bref, on le trouve vaguement en occasion (honnêtement, la couverture du mien est plus belle, avec le dessin en noir et blanc et un joli filet rouge). A défaut du bouquin, alors, voici trois des illustrations. Ça au moins, c’est fait ; Adèle a regardé toutes les illustrations de têtes de chapitres.
Mmmm nostalgie.

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Blog Maman travaille (Le premier réseau des mères actives), fondé par Marlène Schiappa.
Début de son article du 11 janvier 2014 :

Comme dire Je ne respire pas

Dire "je ne fais pas de politique", c’est comme dire "je ne respire pas."
Cette phrase du livre de Denis Langlois La Politique expliquée aux enfants, paru aux Editions ouvrières, je l’ai lue à l’âge de 8 ans et depuis, elle ne m’a jamais quittée.
Sous des dehors de "trucs de bonnefemmes" (sic le DRH d’une grosse entreprise) Maman travaille véhicule un discours politique. "Le privé est politique !" clamaient d’ailleurs les féministes de la "première génération".
La conciliation vie professionnelle / vie familiale passe par la politique : Prévoit-on des sanctions pour les entreprises qui ne respectent pas l’égalité, ouvre-t-on un nouveau mode de garde, comment impliquer les hommes dans la lutte contre les stéréotypes, faut-il ajouter un trimestre de cotisations retraites aux femmes qui ont eu des enfants, toutes ces questions sont politiques. (...)

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Interviews récentes de Denis Langlois à propos de "La Politique expliquée aux enfants".

Comment parler de politique aux enfants ?, interview de Denis Langlois par Katrin Acou-Bouaziz (Journal des Femmes.com du 13 mars 2007).

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En ces temps agités de campagne présidentielle, les enfants pourraient bien avoir envie de mettre leur grain de sel dans le débat. Et ils auraient bien raison ! Denis Langlois vous explique comment réagir.

A partir de quel âge les enfants s’intéressent-ils à la politique ?

Dès leur naissance ! Personne n’échappe à la politique puisque chacun est concerné par l’organisation de la vie de la collectivité. Petits, ils considèrent souvent la politique comme un domaine trop sérieux ou ennuyeux mais en réalité, tous s’y intéressent au moins inconsciemment au travers des discussions de leur entourage, des informations relayées par les médias mais aussi des situations concrètes qu’ils vivent au quotidien. A l’école, les élèves découvrent l’autorité, le pouvoir, la justice, la violence, l’inégalité, le racisme et même le fonctionnement de la démocratie, notamment grâce aux cours d’éducation civique. A la maison, dans leur vie de tous les jours, les enfants sont par exemple confrontés aux problématiques environnementales : ne pas gâcher l’eau, trier les ordures... Ils s’étonnent, posent des questions, s’indignent très spontanément. Bien sûr, le degré d’intérêt dépend aussi de celui des parents. Mais ce qui est sûr, c’est que les occasions ne manquent pas pour aborder le sujet.

Comment en parler intelligemment avec eux ?

D’abord en considérant qu’ils sont concernés avant leurs 18 ans. L’apprentissage de la citoyenneté constitue une étape clé de l’autonomie. Il faut donc s’efforcer de répondre à toutes les questions. Ensuite, en restant honnête. Inutile d’entretenir des tabous ou de donner des réponses toutes faites. J’avoue que c’est parfois difficile de définir des notions complexes comme la liberté ou le progrès... Cela implique donc d’être soi-même suffisamment informé sur ces questions pour pouvoir les expliquer simplement sans les caricaturer. Si le parent n’y parvient pas, mieux vaut qu’il en profite pour combler ses lacunes avec son enfant plutôt que de pratiquer la langue de bois. Ce genre d’attitude risquerait de dégoûter les bambins de la politique, ce qui signifie leur ôter l’espoir d’une société qui peut s’améliorer. Enfin, dans ce dialogue, il faut toujours donner des moyens à l’enfant de se forger sa propre opinion, de réfléchir par lui-même. C’est à dire ne pas se limiter à donner son avis mais pouvoir énoncer les arguments des différents courants de pensée et mettre à sa disposition d’autres sources d’information : livres, journaux, émissions de télévision...

Ne risque-t-on pas quand même d’influer sur l’opinion politique de ses enfants ?

Dans la majorité des cas, les petits enfants sont admiratifs de leurs parents et adoptent donc leurs avis. Il arrive qu’ils prennent le contre-pied, particulièrement à l’adolescence dans un mouvement de révolte plus large. Si les parents sont très engagés politiquement, cela peut devenir un thème de conflit majeur. Mais que ce soit dans un sens ou un autre (mimétisme ou opposition), l’opinion politique des parents constitue d’abord une base de réflexion. C’est pour cela que les parents peuvent exprimer sans crainte leurs convictions s’ils les explicitent. Leurs arguments seront autant de portes ouvertes aux enfants pour apporter des nuances, voire adopter une position singulière. En revanche, je suis tout à fait opposé au comportement de certains parents militants qui emmènent leur petit dans les manifestations et ou les meetings sans leur avoir demandé leur avis ou sans qu’ils en aient exprimé l’envie. Pour moi, c’est de l’instrumentalisation. Idem pour les adultes qui rejettent (à raison ou à tort d’ailleurs) la politique dans son ensemble mais ne donnent aucune explication.

La campagne présidentielle est-elle une occasion rêvée pour aborder le sujet ?

Ce n’est pas forcément le meilleur moment car le côté "spectacle" de l’événement envenime les discussions et les rend plus superficielles. En même temps, cette émulation et cette compétition ont l’avantage d’attirer l’attention des enfants. Souvent, ils ont envie de suivre le dénouement de l’élection et je n’y vois pas d’inconvénient. Je dirais donc que c’est un bon point de départ. Il faut que les parents prolongent le débat, l’approfondissent ou au moins le recentrent sur des questions fondamentales. Et tout ceci dans le calme pour que chacun apprenne à s’exprimer dans le respect de l’autre. Evitez aussi les disputes au sein du couple et de la famille, car la politique serait pour l’enfant associée au conflit.

Dessin de Plantu pour "La Politique expliquée aux enfants (et aux autres)".

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Dans Vies de famille, d’octobre 2010.
Dossier de six pages réalisé par Isabelle Gravillon :

Ouvrir votre enfant au monde, l’inciter à s’intéresser à ce qui se passe autour de lui, l’aider à sa forger des opinions, l’encourager à agir afin d’améliorer les choses à son petit niveau : autant de manières de l’éveiller quotidiennement à la citoyenneté.
Ecologie, civisme, solidarité... Nos enfants se mobilisent !


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Comment parler politique avec ses enfants, article de France Lebreton dans Vos Questions de Parents.fr, 3 avril 2012.

La politique, un sujet encore tabou ?

“C’est quoi la différence entre la gauche et la droite ?”, “Pourquoi tu ne veux pas me dire pour qui tu votes ?” L’élection présidentielle et la période préélectorale suscitent bien des interrogations chez les enfants. Quel parent ne s’est jamais senti embarrassé par de telles questions, n’a pas été tenté d’y répondre sur un mode évasif, voire de les esquiver ?

“Il y a seulement trente ou quarante ans, on ne parlait pas aux enfants de politique ; elle était considérée comme compliquée, et allant à l’encontre de leur pureté et de leur innocence”, rappelle Denis Langlois. Aujourd’hui encore, la politique est taboue dans certaines familles, qu’elles ne se sentent pas capables d’en parler ou qu’elles considèrent que ce sujet ne concerne pas les enfants.

“Pourtant, la politique est partout, dans notre vie de tous les jours !”, s’exclame Sophie Lamoureux. “C’est la manière dont les êtres humains s’organisent pour vivre ensemble ; cela recouvre aussi bien le fonctionnement des institutions que des questions très concrètes, comme la construction d’une route ou les repas à la cantine.

Tous ces sujets intéressent le citoyen. Et on ne devient pas citoyen du jour au lendemain, à sa majorité, lorsqu’on a le droit de voter”, ajoute l’auteur, convaincue que “le sens politique fait partie des valeurs à transmettre pour éduquer son enfant à être acteur de sa vie et à trouver sa place dans la société”.

Accompagner l’enfant dans son questionnement

L’apprentissage de la conscience politique se fait tout au long de la vie. Et c’est avant tout aux parents de l’éveiller, dès le plus jeune âge, en accompagnant leur enfant dans son questionnement. “Pourquoi l’école est-elle en grève ?” ; “Pourquoi y a-t-il des riches et des pauvres ?”

Il est important de rester à l’écoute de ses questions : même s’il n’est pas toujours facile d’y répondre, elles peuvent être le prétexte pour s’interroger ensemble sur des sujets de société qui le touchent.
Adapter les explications à l’âge de l’enfant

Ses centres d’intérêt varient au fil des âges. L’enfant de 5 à 7 ans est interpellé par les injustices (“c’est pas juste !”), les règles de communauté pour apprendre à vivre ensemble, le sens de la propriété (“ce qui est à toi, ce qui est à moi”). À ce stade, l’enfant a souvent l’impression que les autres ont davantage que lui. Ce sentiment peut servir de base pour échanger sur la justice, l’égalité, la liberté. L’adulte aide ainsi l’enfant à se décentrer et à discerner ce qui est juste ou non.

Vers 8 ou 10 ans, l’enfant a besoin de réponses précises, de repères comptables. “Combien y a-t-il de députés ?” “À quoi servent-ils ?” Il est toujours révolté par les injustices, il a aussi envie d’agir pour changer les choses, se sentir utile. Il adore les aventures de héros. Se plonger dans l’histoire des civilisations anciennes, comme l’Égypte ou la Grèce, peut être l’occasion d’aborder l’évolution des organisations politiques.

De 11 à 13 ans, l’enfant entre dans une phase de contestation. Pour faire écho à ce qu’il vit, on peut aborder les chapitres de la Révolution française ou de la Résistance ! Passer par les questions que les hommes se sont posées à cette époque permet de comprendre telle ou telle institution, de lui donner de la chair. À l’adolescence, le dialogue se poursuivra, à condition qu’il ait été initié auparavant.

Montrer le lien entre l’univers de l’enfant et les programmes politiques
L’intérêt des enfants est lié aussi à celui que leurs parents portent à la chose publique. Leurs propres idées servent de socle à la discussion, à condition qu’elles soient cohérentes avec leur comportement. Les adultes en profiteront d’ailleurs pour réinterroger leurs convictions, mettre en cause leurs certitudes, voire se confronter à leurs contradictions.

Denis Langlois conseille de se saisir de la vie quotidienne pour aborder des sujets parfois difficiles. “L’enfant vit dans un univers politique, que ce soit à l’école, dans la rue ou chez lui, en entendant les conversations familiales ou par le biais de la télévision.

Profitons-en pour l’amener à exprimer un avis sur un fait dont il a été témoin. Par exemple, une réaction raciste ou sexiste chez un adulte, une discrimination en classe, une injustice à la maison. Ses parents s’efforceront alors de lui montrer le lien existant entre ce qui se passe dans son univers, les problèmes sociaux (le racisme, les inégalités, la violence…) et les programmes politiques.”
À ce titre, les mois qui précèdent l’élection présidentielle constituent une période favorable au dialogue familial. Notamment avec les plus grands, qui peuvent l’aborder avec un esprit critique. […]

Enfin, il est important de faire découvrir [à un enfant] que ce sera bientôt à lui d’agir et de faire évoluer les institutions pour bâtir une meilleure société, soucieuse du bien commun.

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Édition italienne de "La Politique expliquée aux enfants", sous le titre "Come spiegare i problemi del mondo ai ragazzi", traduction de Riccardo d’Este, Red edizioni, 1993.

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Junior et les élections, article de Sandra Franrenet dans Le Figaro.fr du 2 mai 2012.

À quoi rêvent les gosses d’aujourd’hui ? Devenir président ? ministre ? député ? À l’heure où les Français sont appelés aux urnes, nos spécialistes débattent sur la manière dont les enfants perçoivent la politique.

« Moi, quand je serai grande, je travaillerai à l’ONU ! » Si Mafalda, la petite héroïne des BD de Quino, était née en France au début des années 2000, rêverait-elle toujours de devenir haut fonctionnaire pour changer le monde ? Pas sûr, à écouter Denis Langlois, selon qui l’intérêt des enfants pour les problèmes politiques est moins prégnant que dans les années 70 ou 80. « Beaucoup de gamins de soixante-huitards caressaient l’espoir de changer le système par les urnes. La crise économique a tristement étouffé cet élan utopique ». Professeur d’histoire-géographie dans un collège d’Argenteuil classé en ZEP, Matthieu Tourneur confirme : « La veille de la clôture des listes électorales, j’ai alerté mes élèves pour qu’ils incitent leurs parents à s’inscrire. Ma remarque a été accueillie par une salve de ricanements. »

De là à dire que la sinistrose serait la seule coupable de ce désintérêt, il n’y a qu’un pas. Que nos interlocuteurs refusent de franchir : « Le collège est une étape importante qui marque l’entrée dans l’adolescence. À cet âge-là, on a bien d’autres choses en tête que la politique », sourit Matthieu. À moins qu’elle ne prenne des allures de grande pantalonnade.

Sarkozy qui trébuche, Hollande qui se fait entarter, Mélenchon qui bafouille…Les ados sont friands de vidéos mettant en scène nos infortunés présidentiables. « Ils guettent celles qui buzzent et les postent sur Facebook », constate Jacques Henno, spécialiste de l’utilisation des nouvelles technologies par les enfants. Rappelant que 37 % des utilisateurs du réseau social ont moins de 18 ans, ce père de famille s’étonne que les pages des candidats soient aussi éloignées des codes de leurs futurs électeurs. Faut-il y voir une erreur de stratégie dans la grande pêche aux voix ? « Pas si vite ! répond notre spécialiste. Même s’ils ne passent qu’une cinquantaine d’heure par an à discuter avec leurs parents contre 1 540 devant les écrans, les enfants redeviennent en majorité fidèles à leur milieu socioprofessionnel quand ils gagnent en maturité. » En attendant, pas de panique si vos ados prennent sciemment votre contrepied ou refusent de discuter politique au motif que ça les “gave grave”, c’est normal !

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Dessin de Plantu pour "La Politique expliquée aux enfants (et aux autres)".

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Interview de Alexandra Cefai pour Marseille Hebdo (avril 2012).

A la veille de ces élections présidentielles, certains enfants, et surtout les plus petits qui voient sur les panneaux d’affichage à la sortie de l’école les trombines des candidats, s’interrogent. Comment en parler avec eux ? Comment leur expliquer ce qu’est la politique ? Doit-on éluder le sujet ?

Surtout ne pas répondre « Ce n’est pas de ton âge, tu t’en occuperas plus tard ! ». Ce serait vexant. Quand un enfant découvre quelque chose, il est normal qu’il s’étonne et pose des questions, d’autant plus qu’à la télévision il voit et entend les mêmes trombines. Si les parents n’expliquent pas ce qui se passe, un enfant aura des doutes sur leurs connaissances ou pourra penser que la politique est quelque chose de sale qu’il faut cacher.

Il ne s’agit pas de lui infliger un cours d’instruction militante forcé, mais d’en parler le plus naturellement possible, calmement, avec des mots simples mais précis qu’un enfant peut comprendre. Expliquer quelles sont les fonctions du Président de la République (mais aussi du gouvernement et des députés). Aborder surtout les différents problèmes qui se posent actuellement (la pollution de l’environnement, la crise économique, les guerres, les fermetures d’usines, le manque de logements, par exemple). Prendre son temps, répéter si l’enfant n’a pas compris. Se documenter dans le cas où, comme tout le monde, on aurait des lacunes sur telle ou telle question et donc s’intéresser soi-même à la politique. Ne pas hésiter à dire parfois que l’on ne sait pas. Et, puisque cela va entraîner une discussion, une amorce de débat, apprendre à l’enfant à respecter les opinions des autres, à les écouter, à ne pas les interrompre systématiquement, comme le font trop souvent les trombines des panneaux électoraux. Ne pas perdre de vue que la politique est une chose à la fois simple et sérieuse. C’est la façon dont les êtres humains organisent leur vie collective sur terre, leurs efforts pour essayer que la société devienne meilleure ou du moins ne s’aggrave pas, surtout pour les plus pauvres.

Dès 4 ans certains d’entre eux ont des remarques marrantes sur tel ou tel candidat, mais globalement professeurs des écoles ou parents pensent que c’est trop tôt. A partir de quel âge s’intéressent-ils vraiment à la politique ?

Les enseignants et les parents aiment bien que l’on fixe des fourchettes d’âges précises pour toutes les activités. Cela les rassure. En fait, il n’y a pas d’âge. Dès 4 ans effectivement, certains enfants peuvent manifester un intérêt pour la politique (les filles sont généralement en avance sur les garçons). D’autres ne s’y intéresseront jamais, pas plus enfants qu’adultes. Essayons quand même de simplifier les choses : à partir du moment où un enfant regarde avec attention le journal télévisé ou les autres médias, pose des questions sur l’actualité, s’indigne, prononce le fameux « C’est pas juste ! », on peut considérer qu’il s’intéresse à la politique, qu’il est arrivé à la maturité suffisante. Cela se produit cependant plutôt à 10 ans qu’à 4 ans.

Est-ce qu’en parler "jeune" permet de construire l’identité citoyenne et la conscience politique de ces futurs adultes ?

Oui, certainement, cela fait partie de l’éducation bien comprise. Si, très jeune, un enfant est familier des discussions politiques, s’il a acquis des connaissances dans ce domaine, il sera mieux intégré dans la société. Il aura l’impression de faire partie d’un grand ensemble humain et se sentira pleinement citoyen. Il se forgera des opinions personnelles et ne se contentera pas de répéter ce qu’il entend. Cela peut être difficile à vivre pour les parents s’il adopte des opinions différentes. Mais cela s’appelle l’autonomie. C’est important pour l’enfant qu’il est et pour l’adulte qu’il sera. Il est probable qu’il vivra une vie mieux remplie, plus intéressante, davantage tournée vers les autres et leurs problèmes, moins égoïste. Plus épanouie sans doute. C’est important aussi pour la démocratie. Si tout le monde se désintéressait des problèmes collectifs, elle serait gravement en danger.

Doit-on profiter de ces élections et de la sur-médiatisation ?

Oui, les élections sont des occasions propices – un bon point de départ – pour parler de politique. Elle est alors présente partout et les questions s’imposent d’elles-mêmes. Cependant, il n’est pas certain que ce soit le moment où l’on en parle le mieux. Vous avez raison de noter la sur-médiatisation de la période électorale. Elle se caractérise par un côté « spectacle », un vedettariat des candidats et des promesses à tout vent. Cependant, rien n’interdit de dépasser cela et d’aborder avec les enfants les vrais problèmes. Un citoyen n’est pas seulement quelqu’un qui de temps en temps va glisser un bulletin dans une urne. C’est quelqu’un qui se préoccupe de la vie collective lorsque cela est nécessaire et qui agit en conséquence. Ne pas confondre le citoyen et l’électeur. En tant que citoyen en devenir, un enfant peut d’ailleurs déjà dans sa vie quotidienne, à l’ école, dans la rue, à la maison, effectuer, selon les possibilités de son âge, de petits actes qui le prépareront à devenir un véritable citoyen. Ne pas rester passif à regarder le monde tourner autour de soi. Protester quand une injustice est commise, quand des paroles racistes sont prononcées, éviter qu’à l’école deux camarades se bagarrent bêtement, faire en sorte que les filles ne soient pas traitées en inférieures par les garçons, aller en délégation pour exposer un problème à un professeur. Ce sont là d’excellents apprentissages de la vie individuelle et collective.

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Traduction coréenne de "La Politique expliquée aux enfants", 1993.

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Réponses aux questions de Joanna Peiron, journaliste du Ligueur (Belgique), 24 février 2014. (lien : www.laligue.be/leligueur/articles/elections-a-parent-citoyen-enfant-citoyen )

Élections : à parent citoyen, enfant citoyen ?

Que répondre à notre enfant lorsqu’il nous demande ce qu’est la politique ?

Surtout ne pas lui dire que ce n’est pas de son âge, qu’il s’en occupera plus tard, quand il pourra voter. Ce serait vexant. Ne pas employer non plus de grands mots compliqués qui le rebuteraient. Montrer que la politique est quelque chose de naturel, de quotidien : la façon dont les êtres humains organisent leur vie collective sur terre, leurs efforts pour que la société devienne meilleure, ou du moins ne s’aggrave pas trop, surtout pour les plus pauvres. C’est bien sûr un idéal à atteindre. Mais à qui parler d’idéal si ce n’est aux enfants ?

Comment lui expliquer ce qu’est la droite, la gauche ?

Il est de plus en plus difficile aujourd’hui de faire la différence entre la droite et la gauche en ce qui concerne les actes, notamment quand les partis politiques arrivent au pouvoir. Cependant, si on se place sur le plan des opinions, des idées, on peut dire - en simplifiant les choses - que la droite, pour faire progresser la société et augmenter les ressources du pays, fait confiance à la compétition entre les êtres humains : chacun a sa chance, les meilleurs tirent derrière eux les autres. La gauche parle plutôt d’aller vers davantage d’égalité et de justice entre les différentes catégories de la société. On partagera les richesses, tout le monde progressera en même temps.

Longtemps, hormis dans les familles très militantes, la politique était souvent un sujet tabou. On n’en parlait pas aux enfants. Pourquoi ?

On considérait que la politique était un domaine sale qui allait à l’encontre de la pureté et de l’innocence des enfants. Peu fréquentable. A cacher donc. On pensait aussi que c’était trop compliqué, trop difficile à comprendre pour eux. Cependant, c’était souvent de la part des parents la marque d’une ignorance en matière politique – il y a des parents qui ne prêtent aucun intérêt à la politique – ou bien le désir de garder une sorte de domaine réservé où ils pouvaient afficher la supériorité de celui qui sait vis-à-vis de celui qui n’est pas encore initié.

Les choses ont-elles changé ?

Oui, à partir de mai 68 et dans les années 70-80. La politique a fait son entrée dans la maison, elle s’est invitée à la table familiale. La télévision (et aujourd’hui Internet et les réseaux sociaux) sont devenus des relais courants. Mais justement la politique y a perdu une partie de son prestige, elle s’est banalisée en devenant un sujet de conversation comme les autres. Assez curieusement, on a commencé à parler fréquemment de politique quand la société s’est dépolitisée. Finies les grandes idéologies, les rêves romantiques de changer le monde, plutôt aujourd’hui du corporatisme et même de l’individualisme. En période de crise économique, la défense de son niveau de vie sans se préoccuper beaucoup de celui des autres. Heureusement, les choses peuvent changer rapidement. Ne désespérons pas de l’être humain.

Peut-on vraiment parler à son enfant de politique sans l’influencer, sans lui transmettre nos propres convictions ? Est-ce souhaitable ?

Non, il est impossible de ne pas faire transparaître ses propres idées lorsqu’on parle de politique à sa fille ou à son fils. Dans la vie de tous les jours, ils ont d’ailleurs déjà forcément remarqué un certain nombre d’attitudes, entendu un certain nombre de propos et ils connaissent assez bien vos opinions politiques. Certes une véritable éducation politique devrait être, sinon neutre du moins équitable, et présenter toutes les positions politiques existantes. (Je pense ceci, mais il y a des gens qui pensent autrement.). Ce serait trop demander aux parents, qui ont le droit et l’envie d’exprimer leurs opinions et souhaitent que leurs enfants les adoptent et donc leur ressemblent.. Ce but n’est d’ailleurs pas trop difficile à atteindre. Un enfant aime généralement ses parents, il les admire, il se sent solidaire d’eux, et il a tendance à adopter de lui-même leurs idées politiques. Il les garde souvent toute sa vie. C’est une sorte de prime qui est accordée aux parents. La continuité familiale.

Comment réagir lorsqu’il émet des avis politiques très différents des nôtres ?

C’est un problème qui se pose surtout – et pas seulement en matière politique – au moment de l’adolescence. Par provocation, pour s’affirmer, un enfant peut adopter systématiquement des opinions contraires à celles de ses parents. C’est une situation difficile pour eux, mais il ne faut pas en faire un drame. La colère, la violence ne servent en général à rien, il vaut mieux miser sur l’explication, la patience et la persuasion. Outre le fait que c’est un excellent exercice pour un adulte, c’est parfois de nature à désamorcer les disputes. Un bon argument peut parvenir à jeter le trouble dans un jeune esprit, le mettre en contradiction avec lui-même et donc le faire réfléchir, l’amener à réviser son point de vue. Comptons aussi sur le temps qui passe, c’est le meilleur allié pour atténuer ou même régler certains conflits.

Comment aborder avec lui les limites à la liberté d’opinion (racisme, antisémitisme, etc.) ?

Il serait dommage de fixer autoritairement – ne pas confondre avec la nécessaire autorité - des limites à la liberté d’expression d’un enfant. Il faut seulement lui faire comprendre que la liberté d’opinion de l’autre, son existence, est aussi importante que la sienne. Que faire lorsqu’il émet des idées racistes ou contraires aux principes d’égalité et de justice ? Se demander d’abord si, par des propos irréfléchis, on n’a pas suscité ce genre de dérive. Rectifier le tir dans ce cas et, si c’est plus profond, toujours et encore expliquer, dialoguer, essayer de convaincre l’enfant qu’il a tort, qu’il peut faire mal aux autres et qu’il se rabaisse en exprimant certaines opinions. Dire à un enfant qu’il est raciste, antisémite ou sexiste sans lui expliquer pourquoi ne sert à rien.

Comment initier son enfant à la citoyenneté alors qu’il ne vote pas encore ? (l’emmener dans l’isoloir le jour des élections, lui faire assister à un conseil municipal, l’emmener dans une manifestation, etc.)

Pourquoi pas ? Encore faut-il que l’enfant soit d’accord. Il aurait une fâcheuse idée de la liberté et de la démocratie si on l’y traînait, alors qu’il n’en a pas envie. ( Les cours d’instruction militante forcés passent généralement assez mal.) Cependant, au moment des élections, dans la mesure où l’on parle beaucoup du vote dans les médias, il sera intéressé et souvent demandeur. Mais il serait dommage pour lui et pour la démocratie en général qu’il pense qu’être un bon citoyen, c’est seulement voter de temps en temps. Etre un bon citoyen c’est s’occuper toute l’année de ce qui se passe autour de soi et dans le monde. Essayer, selon ses moyens – un enfant en a déjà quelques-uns - d’améliorer les choses dans un sens plus juste. Ne pas confondre électeur et citoyen (à part entière ou en devenir).

Quel rôle les enseignants peuvent-ils jouer dans l’initiation à la politique ?

Un rôle important très voisin de celui des parents et en tout cas complémentaire. Informer, expliquer, convaincre éventuellement, apprendre aux enfants à réfléchir ensemble, à respecter les autres, à les écouter. Leur apprendre aussi à se forger des opinions vraiment personnelles, les préparer à devenir des adultes autonomes, épanouis et responsables. Cependant, les enseignants sont normalement soumis à un devoir de neutralité politique, leurs convictions seront donc moins fortement exprimées. Mais là aussi un enseignant peut difficilement dissimuler totalement ses opinions. Elles apparaîtront forcément au détour de ses cours. A lui d’être le plus honnête possible. Comme pour les parents à la maison, l’exemple qu’il donnera dans sa classe sera déterminant. S’il parle de liberté alors qu’il est autoritaire – à ne pas confondre là aussi avec la nécessaire autorité – ça ne marchera pas très bien. S’il appelle à la démocratie alors qu’elle n’existe pas dans la classe, les enfants auront l’impression d’une hypocrisie. Décidément être parent ou enseignant est une tâche fort difficile.

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Dessin de Plantu pour "La Politique expliquée aux enfants".

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Dis maman, pourquoi y a-t-il des riches et des pauvres ? , article de Martine Laronche, Le Monde, 10 avril 2012.

L’élection présidentielle s’invite dans les cours de récréation. « Dès l’école maternelle, les enfants s’y intéressent mais à la manière d’un match de boxe. Il va y avoir un vainqueur et un vaincu, et c’est ce qui les interpelle », commente Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste.

Le fils de Sabine (qui préfère rester anonyme), 7 ans et demi, s’est accroché avec un ami à propos de leurs candidats respectifs. « Mon fils soutenait Eva Joly, “celle qui défend la planète”, et son ami, Nicolas Sarkozy. Apparemment, la conversation était assez houleuse, raconte-t-elle. Cela nous a permis de parler de la tolérance et du respect des idées de chacun. »

Mis à part l’intérêt qu’ils portent à l’issue finale, les enfants ne se passionneraient pas outre mesure pour la politique. Rédacteur en chef du Petit Quotidien(pourles 6-10ans) et de Mon quotidien (10-13ans),François Dufour remarque que les « unes » sur les élections font régulièrement un flop. L’appel lancé aux lecteurs du
Petit Quotidien sur les questions qu’ils se posent au sujet de la future élection n’a pas été un franc succès.Quelque cinquante réponses sont parvenues, maigre score comparé aux cinq cents réponses à la question « Imagine un projet fou pour la tour Eiffel ».

Parmi les questions que se posent les petits de 6 à 10 ans figurent : c’est quoi la gauche et la droite ? Combien gagne un président ? Le président a-t-il le droit de tuer sans raison ? Denis Langlois, ex-avocat et auteur de La Politique expliquée aux enfants, constate que l’éveil politique dépend principalement de l’environnement des enfants. « Certains ne s’intéresseront jamais à cette question tandis que d’autres, dont les parents sont intéressés par la chose politique, y seront plus sensibles », constate-t-il. Confrontés aux interrogations politiques de leurs enfants, deux attitudes extrêmes sont néfastes, considère-t-il : « La remarque du style“ça n’est pas de
ton âge”, ou le cours d’instruction politique militante forcé. » Les enfants sont très curieux de savoir pour qui votent leurs parents. Les considérant comme des modèles, ils épousent leurs convictions. « Les parents n’ont pas à craindre de dire ce qu’ils pensent, car leurs enfants se feront d’autant plus leurs opinions que leurs parents leur auront expliqué les leurs », remarque Serge Hefez.

Comment éveiller leur conscience de citoyen ? « Les élections sont une bonne occasion de leur faire comprendre que le monde n’est pas divisé en vainqueurs et en vaincus. Tous les avis sont valables, mais il y a des règles et c’est la majorité qui l’emporte », poursuit Serge Hefez.

« Si l’on considère que la politique, c’est comment on organise notre vie tous ensemble dans notre société, on peut s’y intéresser très tôt », ajoute Sophie Lamoureux, auteur de Comment parler de politique aux enfants. On peut prendre des exemples qui les concernent directement comme l’école, la santé et voir avec eux ce que les candidats à l’élection proposent dans leur programme. « Entre 5 et 8 ans, l’injustice révolte les enfants », remarque Sophie Lamoureux. Des questions, comme « pourquoi des personnes dorment-elles dans la rue ? », « pourquoi y a-t-il des riches et des pauvres ? » sont l’occasion de leur expliquer le chômage et les inégalités contre lesquelles on peut lutter. « Les enfants possèdent également un sens très fort de la propriété. A partir de là, on peut leur expliquer que la politique fixe des règles pour déterminer “ce qui est à toi, ce qui est à moi” », explique-t-elle.

Vers 8-10ans, les enfants commencent à s’intéresser à l’engagement. Ils aiment les situations où les héros auxquels ils s’identifient font preuve d’un grand courage. « C’est le moment propice pour leur parler des idéaux », complète Sophie Lamoureux. L’histoire, dont ils sont friands, peut être aussi une porte d’entrée sur les différentes organisations politiques et leur évolution. C’est le bon âge pour les amener dans un musée. Enfin, de l’avis de l’auteur, ce qui retient notamment l’attention des préadolescents de 11 à 13 ans, ce sont les héros qui ont su défendre leurs convictions jusqu’à la mort, l’histoire des personnalités politiques, et tout ce qui a été vu à la télé… « C’est l’occasion d’aborder les questions d’idéalisme, de résistance, mais aussi de fanatisme », complète Sophie Lamoureux. Les préados aiment également découvrir « pour de vrai » ce qu’ils ont vu dans les livres. La reconstitution du site du siège d’Alésia, les musées de la Résistance sont l’occasion de satisfaire leur curiosité. Ce peut être aussi l’occasion d’aborder la démocratie sous l’angle des droits mais aussi des devoirs. Les uns n’allant pas sans les autres.

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C’est quoi la droite et la gauche ? , article de Léa Vilmer, Blog 1 jour 1 actu, 11 avril 2012.

Comment les idées de gauche et de droite sont elles nées ? Qu’est ce que cela veut dire aujourd’hui être de gauche ou de droite ? Et pourquoi est ce utile de ne pas être d’accord ?
Pourquoi en parle-t-on ?
Parce que dans moins de deux semaines, c’est le premier tour de l’élection présidentielle 2012. Les Français vont voter et choisir leur candidat, à droite ou à gauche.
Un peu d’histoire
La division droite et gauche est née pendant la Révolution française. Quand les tout nouveaux députés de l’Assemblée de 1791 ont dû se décider sur le rôle du roi, ils n’étaient pas d’accord. Certains voulaient que le roi conserve des droits (les conservateurs), d’autres souhaitaient que ses droits soient limités (les partisans du changement). Pour se distinguer, les conservateurs se sont assis à la droite du président de l’Assemblée et les partisans du changement, à sa gauche.
Ainsi sont nées la droite et la gauche.
Aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, les députés de droite ont conservé leur place à la droite du président de l’Assemblée, les députés de gauche, à sa gauche, et ceux du centre au centre.
Ça veut dire quoi, être de gauche ou être de droite ?
Voici les réponses de Gil Delannoi, chercheur en politique :
« Traditionnellement, la droite est plutôt attachée au maintien, à la conservation. La gauche est plutôt tournée vers le changement. C’est pourquoi, en général, on est plutôt de droite dans les milieux riches ou aisés, pour préserver ses richesses. Et on est plutôt de gauche dans les milieux modestes, pour espérer avoir une vie meilleure.
À droite, l’idée dominante est que la société n’est pas si mal faite. Qu’il faut corriger quelques uns de ses défauts, mais que, dans l’ensemble, elle est satisfaisante. À gauche, même si l’on sait que tout n’est pas possible, on a plutôt tendance à vouloir améliorer la société. Et des principes de base sont remis en cause comme par exemple, la place de l’argent et les problèmes d’inégalités. »
Aujourd’hui, certaines de ces différences sont un peu plus difficiles à cerner. La gauche est devenue plus réaliste sur le plan économique, et la droite essaie de lutter contre les inégalités sociales. Sur certains sujets, elles peuvent même être du même avis : la gauche a, par exemple, soutenu la politique de Nicolas Sarkozy en Libye.
Mais des divergences (oppositions) existent toujours et surtout dans la façon de gouverner le pays. Par exemple, pour baisser le prix des loyers en France, la droite propose de favoriser la construction. Elle prétend que s’il y a plus de logements sur le marché, cela fera descendre les prix de l’immobilier. De son côté, la gauche veut réguler les loyers, c’est-à-dire, empêcher qu’ils augmentent trop.
Pourquoi est il important que les hommes et les femmes politiques ne soient pas d’accord ?
Les réponses du politologue Denis Langlois :
« Devant toutes ces divisions et ces opinions contraires, tu peux peut-être penser qu’il y a trop de partis. C’est sans doute vrai, mais il vaut mieux qu’il y en ait trop que pas du tout, comme cela se produit dans certains pays où il est interdit d’avoir des activités politiques différentes de celles du gouvernement en place.
Les partis sont importants, car ils permettent à ceux qui en sont membres d’agir pour transformer la société. Tout seul, c’est difficile d’agir. Regroupés dans un parti, c’est plus efficace, on a plus de force pour exprimer des opinions. »
Les partis de gauche, de droite et du centre :
Pour faire connaître leurs idées et tenter de les faire appliquer, les hommes politiques se rassemblent dans des partis politiques.

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Edition colombienne de "La Politique expliquée aux enfants", sous le titre "La politica explicada a los ninos y a los demas", traduction de Elias Majia, éditions de l’Université del Quindio, Colombie, 2004.

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